samedi 21 février 2009

Etude du port de la barbe à bord

Cet échantillon de l'Air du Temps Maritime et Aérien à propos du port de la barbe à bord, est tiré des archives du premier "Marine Inconnue" qui fut sabordé en Mars 2008. Je me suis naturellement dit, que cette page aussi doit revenir "on line". (m.à.j. le 7/11/11)
Cet évènement reste d'actualité car de toutes façons si cette tentative a encore échoué, au Canada ou ailleurs elle sera "remise sur le feu" tôt ou tard! Peut-être même une fois de plus dans l'Aviation Civile... La Cie KLM par exemple s'était offerte une belle grève de Pilotes de ses Ligne durant les années 1980 (même les non-barbus) pour ce premier motif, c'est dire! Gare aussi aux hôtesses "trop lourdes"...
Tout cela n'est pas toujours très sympathique avec les navigant(e)s.
Voici donc un troisième communiqué du capitaine Haddock, indigné une fois de plus à cause d'une nouvelle tentative d'interdire le port de la barbe à bord. Cette dernière l'a en effet réellement mis en colère. Je me fais donc ce soir son porte-voix, longtemps après sa première déclaration sur le sujet en Août 2007.
Est-ce que porter la barbe, c'est vouloir cacher quelque chose?
Je poserais même plus, la question. N'est-ce pas au moins louche?

Le capitaine pense effectivement que nos sociétés Occidentales sont à notre époque, de plus en plus "fliquées" et que l'on se mêle plus que trop de légiférer et règlementer tout et n'importe quoi, même à bord des navires. Les Océans dernier espace de Liberté? Ce n'est plus si sûr.

COMMUNIQUE du CAPITAINE HADDOCK

Mille millions de mille sabords!! Toute une vie d'honneur et entendre ça! Ne risque-t-on pas à partir du Canada, de ne plus avoir le Droit de porter la barbe à bord? Les autorités maritimes et aériennes de ce pays, par ailleurs magnifique, ne sont-elles pas au moins un peu en train de "faire Kafka dans leur culotte" Tonnerre de Brest?
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Mille millions de mille sabords!
(tous fermés bien sûr, sous-marin oblige)


Est-il si judicieux que ça "d'utiliser" le tragique incendie du sous-marin Chicoutimi pour imposer une obligation des plus discutables (pour rester courtois) de plus? Mais c'est un conteneurs complet de moules à gaufres! La discipline du bord est librement choisie pour la durée de l'embarquement et la Mer est un des derniers espaces de Liberté, mais il est aujourd'hui en danger comme les autres...
Le sous-marin Canadien Chicoutimi

C'est arrivé à la suite d'un grave incendie à bord du sous-marin Canadien le Chicoutimi survenu en Octobre 2004. Les amiraux de ce pays et leur ministre de la Défense semblent avoir totalement perdu la tête! D'abord, sans avoir besoin d'être ou avoir été marins mille sabords, voyez vous-mêmes en consultant le portail des sous-marins de Gilles Corlobé!
Il n'est pas difficile de constater et s'assurer que l'idée d'acheter ces sous-marins d'occasion en Angleterre était plus que contestable, pour ne pas dire très dangereuse pour les marins et, pour l'argent des contribuables Canadiens.
Bougres de cornichons navals et aériens!
Retour triomphal au pays du Chicoutimi. Combien cela a-t-il coûté?

La Marine Royale Canadienne a en effet essayé en 2007 puis en 2008, d'interdire le port de la barbe à bord de ses sous-marins et même l'Aviation Civile s'y est mise ensuite. Il fut probablement considéré que seul un rasage de près, peut garantir à coup sûr la sécurité à bord contre l'incendie et la voie d'eau, ou même d'être certain lors de leur prise en charge, du bon état des sous-marins achetés d'occasion à la Royal Navy en GB dans des conditions surréalistes.
Si les "anciens" de la Royal Navy le disaient... Consultez donc la rubrique "forces sous-marines du Canada" du portail des sous-marins ou lisez le présent récit du Cdt du Chicoutimi.
Le Commandant (et Docteur) Charcot à bord du "Pourquoi pas?"
Qu'en penserait le Docteur Charcot? Qu'être barbu est tout à fait indispensable pour être un bon Marin? Ou que ça n'a pas de réelle importance? Ceci dit effectivement il existe des questions qui se posent sur le sujet, à bord des navires de combat modernes. Je cite:
"Le groupe de sécurité des sous-marins "SubSafe" a agi sur des informations obtenues indépendamment de la commission d’enquête de l’incendie qui a tué le Lieutenant Chris Saunders et blessé gravement deux autres membres de l’équipage."
La vie maritimes est ainsi faite que certains navires tuent
régulièrement des gars accidentellement à leur bord.
Ceci ne date pas d'hier, le Grace Harwar par exemple...


"Le Commodore Sylvester a aussi confirmé que le SubSafe enquête aussi pour déterminer si le port de la barbe peut réduire l’efficacité des masques à air respirable disponibles en cas d’urgence. Il a aussi confirmé qu’un des marins ayant souffert d’intoxication suite à l’inhalation de fumée portait la barbe. Il était donc normal de vérifier si sa barbe avait eu un impact sur l’efficacité de son appareil respiratoire durant l'incendie. Mais ces officiels reconnaissent aussi qu’ils n’ont pas pu dire si la personne avait été intoxiquée avant ou après qu’on lui ait mis le masque..." Ben oui, ceci aussi demande réflexion...
Si l'Ayatollah Khomeini nous le disait...

En effet tout porte à penser à commencer par le Coran, (là, je ne plaisante plus) que le port de la barbe à bord doit être nuancé. La barbe doit être taillée en pleine adaptation à la situation du moment et de celui qui la porte. Si on ne la taille pas correctement, elle peut poser un problème et c'est la responsabilité de chacun d'y penser lors des exercices de sécurité... Mais de là à vouloir prohiber...
Le Capitaine David Morehouse du Dei Grattia en 1872, ne se
posait pas ce genre de question, quand il a trouvé la Mary Celeste
.

Mais enfin Tonnerre de Brest! Tout ce qui peut nous arriver à bord ne dépend pas du port de la barbe! Et Dieu sait qu'il peut s'en passer "plus d'une" à bord mille sabords! En mer comme à quai ou au chantier naval et que l'on soit ou non barbu...
Le Cdt Johanes Diebitsch, barbu des années trente mais rasé en 1957.

Mes témoins du Pointe Sans Souci, des anciens des U-Boote l’ont bien connu. En 1936 il disait aux jeunes élèves juste arrivés à bord du 4 mâts Padua:
-"Soyez toujours vigilants, en mer tout peut arriver..." Les jeunes élèves officiers et souvent chômeurs de la Marine Marchande Allemande des années trente, trouvèrent souvent par la suite un débouché militaire très dangereux, les U-Boote. TOUT! Absolument tout leur est arrivé, même de se faire capturer avec "Das Boot":
L'U-505 capturé, ils eurent du mal à l'empêcher de couler...

On a oublié que si on peut venir voir l'U-505 aujourd'hui au musée des sciences et des technologies à Chicago, c'est... Parce qu'il était le dangereux "nullard" de sa série de "type IX"! Les anciens des U-Boote qui naviguèrent en passagers à bord du Pointe Sans Souci en 1983, m'ont confirmé que la capture de l'U-505 par un porte-avions Américain ne fut pas la conséquence du port de la barbe ou d'une "gueule de vent debout", mais de ses innombrables problèmes techniques, restés à jamais non résolus depuis son neuvage...
Richard Zapp, Cdt de l'U-66 et ex-second du 505...
(à ne pas confondre avec Herbert von Zzap, effectivement!)

Lorsqu'il quittait sa base de Lorient, l'U-505 devait régulièrement revenir le lendemain à cause de graves avaries à répétition. Ceci ridiculisa durement son équipage et l'avant dernier commandant de l'U-505 devenu dépressif à cause de ces incidents se suicida en mer, pour avoir été trop humilié par ses retours immédiats et imposés en Bretagne. Ces retours le lendemain de l'appareillage 8 fois de suite firent beaucoup ricaner à la Base sous-marine, et surtout cassèrent le moral de l'équipage. Une Nième avarie grave de machines devait obliger le "second" à revenir à Lorient sans le Commandant...
Canard de bain à la base sous-marine de St-Nazaire

Construits en grandes séries comme les Liberty-ships, les U-Boote comptaient aussi parmi eux quelques "vilains petits canards". Ayant pourtant su éviter un neuvième faux départ, l'U-505 fut surpris en hauite mer par des avions. Naturellement il fut grenadé sans pouvoir ni se défendre ni s'échapper, car il était encore en avarie... Il capitula et comble de malchance, il loupa même son sabordage. Il fut naturellement remorqué par l'escorte du porte-avions jusque chez l'Oncle Sam...
Hermann Hoffmann, un autre Cdt de U-Boot.

A la décharge de ses constructeurs, ce sous-marin de la malchance a peut-être aussi subi quelques sabotages de la Résistance, qui sut sans doute profiter d'une situation technique peu claire. C'était aussi ça, la guerre...

Autre affaire en cours, depuis l'année dernière la marine militaire Grecque ne veut pas payer son U-Boot tout neuf au chantier Allemand, tant que tout ne sera pas "ok" à son bord. Ceci se conçoit bien. En France d'ailleurs, on ricane sardoniquement et silencieusement de tout cela, à la DCN... Effectivement pour la Grèce comme pour le Canada...
-"Yavait (peut-être) qu'à acheter des Scorpènes!"
Un "Scorpène" en mer

Mais semble-t-il... On va continuer à faire venir des ours de Slovénie au pays Béarnais car il est supposé par le Ministère qu'ils y seront très bien, mais peut-être pas pour longtemps. C'est comme en Algérie, on y risque surtout un accident de la route... Les ours peuvent aider les éleveurs à garder les brebis, c'est bien connu! Parfois, ça se soigne...
(lire l'article Abidjan 2 à mon bord)
Ne pensez-vous pas aussi que nous vivons peut-être sur la planète absurde?
J'ignore totalement la position de la seconde capitaine
du CMA-CGM Otello, à propos du port de la barbe à bord.

Lui? En tant que sous-marinier, le Grand-Amiral
s'en foutait certainement tout à fait royalement...


Même le Führer ne se serait pas permis d'interdire le port de la barbe à bord. Il était un bon maître pour son chien et il ne fouettait pas ses secrétaires. Tout le monde le sait même si effectivement, on a retenu autre chose de lui et c'est surtout de sa faute mille sabords...

Bien navicalmement (navicallemand?) - Archibald HADDOCK
Capitaine au Long Cours

Merci aux sites:
Le feu à bord du sous-marin Chicoutimi
Récit du Cdt du sous-marin Chicoutimi
Interdire le port de la barbe à bord? Portail des sous-marins
http://www.tc.gc.ca/AviationCivile/commerce/circulaires/CI0185.htm
Etude de la barbe et la moustache dans la Civilisation
La casquette du Capitaine Haddock (le 7 Novembre 2011)
Communiqué du capitaine Haddock (le 5 Novembre 2011)
Communiqué du capitaine Haddock et de Bécassine (le 27 Oct. 2011)
"BD" & Marine Marchande par le Cdt Cozanet et sa page "Tintin".
Les Chroniques du château de Moulinsart, bon site Tintinologue.

Bien navicalement - Thierry Bressol - R/O
Marine Inconnue taille sa route comme en 1920
Alan Villiers et Ronald Walker à bord du 3 mâts Grace Harwar

L'U-505 ne taille plus sa route depuis longtemps...

Le musée des sciences et techniques à Chicago dont l'U-505 est la plus belle pièce a probablement la seule au monde dans son cas. Ce sous-marin est ainsi conservé parce qu'il s'est montré très "Insuffisant"! On lui a d'autre part construit un nouvel abris entre 2005 et 2008.

samedi 14 février 2009

Chroniques Guyanaises bulletin nr 3

Il nous a semblé qu'un petit supplément aux deux premières Chronique Guyanaises de Jojopilou (rien que pour vous) s'impose, compte tenu de l'actualité des difficiles premières semaines de Février 2009 aux Antilles Françaises:
Chroniques Guyanaises 2 (le 6 Décembre 2008)
Chroniques Guyanaises 1 (le 29 Novembre 2008)
(revu le 16/02/2009 à 13h30)
En effet je n'ai pas su résister à la tentation de demander son avis à Jojopilou, sachant que les situations locales économiques et sociales en Guyane, aux Antilles, à la Réunion et en Polynésie Française sont fort comparables. Les mêmes causes dans des conditions équivalentes devant à priori et naturellement avoir les mêmes conséquences...
Voici donc la retransmission gratuite des Chroniques Guyanaises et Antillaises (XXL3) de "Jojopilou" et son opinion le 9 février dernier, rien que pour vous, dit-il fort justement:
Le blocage immortalisé, rien que pour vous!

Citation:

"Manifestations, blocages et maintenant pillages de supermarchés, non par des voyous mais par des ménagères en Guadeloupe et à présent en Martinique. En Guyane finalement, nous avons été relativement sages...
Je ne suis ni Grand Devin ni Gourou en "trublio-sociologie", mais il est fort possible que cela "reparte" ici également. Ce matin pas d'essence à St-Laurent du Maroni, il n'y a que 2 stations pour une ville de presque 40 000 habitants. Des bruits circulent ici et là, il y aurait déjà des actions à Cayenne. Mais pour l'instant, silence des médias, même des locaux...
Le tanker Antillais "SARA-BELLE"

Précisons cependant bien une chose. La SARA qui est une filiale de Total chargée du monopole de la mise aux normes des carburants, nous avait bien dit qu'elle renonçait à "ses" O.20 € provisoirement. Mais elle attendait des propositions des collectivités territoriales "sous un mois". Les cow-boys élus locaux avaient bien dit à Yves Jégo:
-"La SARA, on en fait notre affaire..."
Le Ministre de la Mission Impossible...
(calmer les gens sans faire de peine aux "Békés")

Ah, ah, ah! Cela fait maintenant deux mois. Soit la SARA n'a rien vu venir, soit les propositions du Conseil Régional et du Conseil Général n'ont pas été à la hauteur. N'oublions pas que ces jolis cocos ont demandé à Mr Jégo d'ajouter une série de biens de consommation à la liste des biens soumis à "l'Octroi de mer" (ceci implique une augmentation de leur prix jusqu'à 40%) faisant ainsi payer par tous, les 25 litres aux 100 km de tous ces "4x4 "dont les moteurs continuent de tourner pendant que leurs propriétaires boivent un coup avec d'autres copains nantis.
En d'autres termes, je ne sais pas si cela "va repartir" ici. Mais "si ça repart", ce ne sera pas très étonnant..."
-"Vive la démocratie! Aplita, nou ka alé !"
"Et merci de votre attention. RDV peut-être pour d'autres Chroniques Guyanaises et Antillaises..."

Fin de citation de JojoPilou (jojopilou@orange.fr) "Rien que pour vous!"

Séverine la journaliste, que dirait-elle de ça?
Probablement un grand coup de gueule!

Notre monde médiatique en effet n'insiste pas trop (surtout pas) sur les racines profondes du problème, à savoir les oligarchie héréditaires locales qui "s'en mettent plein les poches" depuis des générations, pour ne pas dire trois siècles, "sur le dos" de l'ensemble des populations locales, mais aussi sous le regard bienveillant des pouvoirs politiques successifs...
Le premier commentaire officiel entendu étant régulièrement:
-"Nous sommes tous sur le même bateau, etc..."
(yen a qui écoutent encore ce genre de calembredaines! Qu'en dirait Haddock?)

Sur le même bateau? Quand c'est effectivement le cas, certains rament et d'autres font bombance "à l'arrière". De qui on se moque?

"C'est cela, oui..."

Notes personnelles suivies par une question subsidiaire à propos des pêches locales et la réponse de Jojopilou, rien que pour vous. Je lui ai en effet aussi demandé son opinion sur un intéressant reportage du bon site d'information "Mer et Marine". Il rejoint les positions exprimées ici même à propos des marins-pêcheurs il y a presque un an déjà.
"Merci Jojopilou pour votre réponse à ma question du 5 Janvier à propos d'un article très intéressant à propos de la la Pêche maritime en Guyane. Ils réalisent régulièrement des petites enquêtes avec de bonnes photos, à partir de tuyaux locaux ou de "compilations" de la presse spécialisée."
- Qu'en pensez-vous? (vous qui êtes sur place depuis quelques années)
- Doit-on prendre ce "papier bien fait" très au pieds de la lettre?
- Plus exactement, est-ce complet et le sujet est-il bien traité?"
Jojopilou: -"Ma réponse tient en deux points :
1/ On est certainement plus efficace en surveillant la mer par hélicoptère qu'au dessus de la forêt vierge. Ce que l'on n'arrive pas à faire contre les orpailleurs, on va y arriver contre des pêcheurs, en redorant le blason d'Alliot-Marie et tutti quanti...
2/ L'article parle de ressource épuisée côté Surinamais et côté Brésilien. Pas chez nous? Les poissons sont-ils devenus si casaniers qu'ils ne quittent plus nos eaux territoriales ? La réponse est à chercher un peu plus sous la surface (si j'ose la métaphore marine) des choses.
J'ai toujours eu du mal à croire que, ce que les locaux n'ont pas réussi à faire en plusieurs siècles (c'est à dire épuiser la ressource), "on" sait désormais le faire en moins d'une génération. Les navires-usine qui traquent les bancs de poisson au GPS et les capturent par tonnes, mais ceux-là ne sont pas souvent inquiétés par les navires des douanes et autres canots rapides de la police. Non!
Ils sont repoussés hors de nos eaux territoriales, fusée Ariane et espionnage industriel obligent. L'un d'eux pourrait sans doute être un navire espion camouflé en usine à congeler. Moyennant quoi, ces grands navires-usine continuent d'épuiser la ressource dans les eaux territoriales des Etats qui ont d'autres chats à fouetter et ne se dotent pas des mêmes moyens répressifs que la France.
Thonier Vénézuelien

Au Brésil comme au Suriname, la répression et la misère sont concentrées sur de pauvres gens qui n'ont pas d'autres ressources "que" venir "piller" la nôtre.
- Quand comprendra-t-on qu'on n'arrêtera pas les "dommages collatéraux" de la misère comme ceci?
- En rendant encore plus pauvres les pauvres, encore plus désespérés les désespérés??
La seule solution (pas à court terme, car cela se saurait) réside dans un partenariat avec ces Etats pour les amener à se développer. D'autre part avec une saisie de 9 tonnes de poisson, on ne craint pas le ridicule!! Quand on sait ce que peut capturer un seul de ces bateaux-monstre en un seul "coup de filet", on peut se poser "la question qui tue" suivante:
A-t-on réellement envie de leur développement? Des fois qu'ils se mettent à faire décoller des fusées..."
(Note "perso" Th. Bressol: Ben ouhaich....)
Fin de citation de JojoPilou (jojopilou@orange.fr)
("Rien que pour vous!")

Ce qui s'est passé le Vendredi 13 Février au matin est tout à fait révélateur de l'ambiance du moment en France. France Inter organisait une émission spéciale avec des personnes "en prise" avec l'évènement. Les deux médiateurs invités n'ont pas été autorisés à venir... Tout un symbole!
A force d'être exposé par le "monde médiatique" à un type de "langage" qui fait peu de cas du réel sens (celui du dictionnaire) des mots, la confusion mentale s'est installée peu à peu et les faits politiques depuis des années me suggèrent, que nous avons globalement perdu le sens du "Rapport de Cause à Effet":
C'est ainsi qu'en étant interrogés individuellement, les Français refusent les "valeurs" tordues imposées par l'ultra-libéralise, c'est-à-dire la mise en concurrence généralisée de tout et n'importe quoi dans tous les secteurs. Pourtant Nicolas Sarkozy fut élu en Mai 2007.
Allez comprendre... C'est probablement très dangereux à terme et devrait nous inciter à réfléchir! Les termes "croissance négative", "ralentissement économique", "demandeurs d'emplois" et d'une façon générale, tout ce qui évite soigneusement d'appeler les choses par leur nom, se sont multipliés. Nous souffrons aussi de l'irruption d'un "langage" tiré dans les nombreux jargons technologiques pour être détourné.
Ceci contribue à brouiller les cartes partout, comme le mensonge généralisé en matière d'économie pratiqué depuis de longues années par des journalistes de la TV (qui se ressemblent tous et toutes) et la majorité des "politiques". Il est visible que les plus haut "placés" savent de moins en moins de quoi ils parlent et ce qu'ils font, c'est à dire les désastres qu'ils provoquent par leur incompétence.
Max Evariste, syndicaliste à la Guadeloupe ne vient-il pas de constater que les médiateurs envoyés par "Paris", ne connaissait rien "au sujet" et qu'ils n'avaient aucun pouvoir réel d'action? Il s'est mis en colère! Il existe un grave problème d'oligarchie héréditaire depuis 3 siècle aux Antilles, en Guyane et à la Réunion. C'est une caricature étonnante de ce qui se passe en France d'ailleurs.
D'autre part quiconque connait un peu les Antilles, sait que tout y est organisé pour fausser la concurrence et empêcher l'application normale d'un minimum d'Etat de Droit Républicain. Par exemple, il n'y a plus qu'un seul Inspecteur du Travail en Guadeloupe! Peut-il faire appliquer le Code du travail? Il a un jour avoué ramer...
En fait, "l'équipage" de Nicolas Sarkozy est en train de vivre ce que dans la Marine Marchande, on appelle un "Sons et Lumières"!
En d'autres termes en pleine mer, à bord d'un navire très durement "bousculé" par le mauvais temps et une très forte houle, l'officier mécanicien de service d'intervention et le Chef descendent au "PC Machine" au moment d'un "black-out", évènement qui survient souvent au plus mauvais moment compte tenu de la Loi de Murphy:
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Mille millions de mille sabords! " Black-out"...
Le Moteur Principal est stoppé, les Groupes électrogènes aussi et toutes les sirènes, les "bip-bip", les sonneries des alarmes hurlent simultanément, tandis que le bateau roule bord sur bord, le vacarme est assourdissant, les objets sont jetés sur le sol et les imprimantes débitent du papier frénétiquement... Ail, ail! En arrivant "en bas" naturellement, on se dit tous que "ça craint", mais nous savons quoi faire. On respire bien fort, nous situons, nous observons, nous réfléchissons et nous agissons.
C'est aussi dire que chaque sous-ensemble des compartiments de "la Machine" sera remis en marche, l'un après l'autre méthodiquement, en fonction des capacités de chacun et de ce dont on dispose à bord. En général, ce n'est qu'un très mauvais moment à passer.
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Mille millions de mille sabords, tous laissés ouverts dans le gros temps ! Cornichons!!
Ce qui se passe, surtout en France, c'est comme si on mettait tous ces couillons* dans la situation que je viens de décrire, eux qui nous parlent toujours un étrange jargon techno-cucul, et ne sont généralement pas même capables de changer un tube néon trouvé "HS". En plus, ils ont pour obsession de toujours vouloir tout évaluer et quantifier. (ceci étant, en parlant de liberté à tort et à travers) Et bien oui! Là c'est sûr, "ça craint"!

Tous ces couillons* me rappellent aussi une "bonne partie" (hélas non négligeable) du personnel de l'ANPE , qui a trop tendance à "prendre de très haut" les chômeurs, fussent-ils ingénieurs en commutation téléphonique. Pour le "baratin" oui! Mais il reste sûr que ces gens, ne risquent pas de réussir à configurer un central téléphonique...

Bien navicalement - Thierry Bressol - R/O

A propos de Wikipedia mon complice

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Chroniques Guyanaises 2 (le 6 Décembre 2008)
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Réponse à commentaires reçus: (le 16/02/2009 à 13h00) Il reste sûr que quiconque a quelque chose à dire et le fait, n'est jamais assez clair! Cela dit tout le monde le sait sur place, on devrait pouvoir s'en douter en France aussi même sans être allé là-bas, tous les "Békés" ne sont pas de riches exploiteurs sans scrupules! Ceci devrait aller sans le dire. Ils sont d'ailleurs aujourd'hui plus nombreux simples employés, parfois chômeurs aussi, que ceux des cliques mafieuses qui tiennent le pays depuis des années. Ceux-là font d'ailleurs courir des risques considérables à leurs cousins...
Le terme "mafia des békés" prononcé par un syndicaliste ne saurait donc concerner tous les "intéressés".
D'autre part le ministre Yves Jégo (un homme visiblement de bonne foi) n'a pas dit autre chose ce matin sur "France Inter", en reconnaissant l'existence sur place de monopoles douteux et tout à fait abusif. Il dit avoir fait quelque chose. Cela dit il reste sûr qu'il faut absolument faire quelque chose, pas "seulement" aux Antilles.

La Saint Valentin du François Vieljeux

La Saint Valentin est peu à peu devenu une fête commerciale comme beaucoup d'autres, mais cela reste bien sympathique.
Pour le 14 Février 1979 du François Vieljeux, ne fut pas (du tout) festif...  
(m.à.j. le 2 Octobre 2016)
N'oublions pas plus ceux du Maori, du cargo Malgache Gasikara, mais aussi qu'il y a déjà un an ce week-end du 2 Oct. 2016, la Marine Marchande des Etats-Unis fut aussi endeuillée que la nôtre le fut en 1979:
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Le porte-conteneurs El Faro de la Cie Tote Maritime a disparu
La Marine Marchande US est en deuil
Les questions & L’enquête a commencé
(tempête Joachim) Le El Faro est porté disparu 
Archives du Site Maritime "pro" local, "Gcaptain": http://gcaptain.com/tag/el-faro/.  Je suis sensibilisé par le deuil de nos cousins Marins Américains, peut-être aussi parce que cela a failli m’arriver....
- Le jour de la St-Valentin 1979 fut tout à fait désastreux car le beau cargo François Vieljeux a "fait son trou dans l'eau". Je m'en souviens comme si c'était hier. C'est arrivé à la suite de quelques causes cumulées encore peu claires aujourd'hui, car cet accident de mer reste hélas encore aujourd'hui fort mal expliqué.
Le François Vieljeux ici flambant neuf lors de ses essais en mer en 1973. Cet habitué de la COA (Côte Occidentale d'Afrique Noire) naviguait pour la Sté Navale Chargeurs Delmas Vieljeux aujourd'hui disparue.

Le 14 Février 1979 entre 10 heures du matin et midi le cargo classique Saint Dominique (de la Sté Navale de l'Ouest en gérance par la Cie de Navigation Denis-Frères) revenait de la Côte Ouest Africaine en affrontant comme tout le monde "sur la zone", une très violente tempête au large de la côte Espagnole. Mon collègue officier radio-électronicien du "Dominique" informa soudain la passerelle, avoir entendu les appels en morse du François Vieljeux qui déclarait avoir une forte gîte constante et demandait une assistance, au cas où...
Ceci étant, sans donner d'autres détails sur ses problèmes. Au cas où quoi? A-t-on certainement pensé à bord des navires qui entendirent cela.
La mer était très forte avec une houle supérieure à 12 mètres. Le François Vieljeux revenait (entre autres) de Monbassa au Kenya sur la Côte d'Afrique de l'Est, ayant "pris" le canal de Suez, traversé la Méditerranée et passé Gibraltar. Ce voyage fut particulièrement difficile, le navire était chargé "aux marques". D'autre part depuis Monbassa, ils ont eu du très mauvais temps durant tout le voyage, sauf une seule période de calme, le Canal de Suez...
L'Eric Vieljeux un autre des 8 très beaux "frères Vieljeux".

Il fut répondu à cet appel d'autant plus facilement que les deux navires n'étaient pas loin et en vue l'un de l'autre, c'est en effet une "route maritime" très fréquentée. Tous les deux furent vite en vue l'un de l'autre et firent route en parallèle jusqu'au repas de midi qui fut soudain "perturbé", pas seulement par le mauvais temps, c'est le moins qu'on puisse dire...
Pendant ce déjeuner, l'alarme radio du St-Dominique a sonné à l'instant précis, quand le Maître d'Hôtel qui assurait le service au carré des officiers resta quelques secondes prostré devant un sabord du salon en disant d'une voix cassé:
-"Venez voir!! C'est pas possible..."
("Nom de Dieu!" fut son second commentaire)
Le Léonce (à vérifier) Yvon Perchoc confirme mes doutes:
il s'agit du Péruvien Lima II
(ex Stéphane Vieljeux et Taj)

C'est ainsi qu'ils ont tous vu l'avant du François Vieljeux se lever vers le ciel exactement comme dans un document filmé durant la seconde guerre mondiale. Ils n'en croyaient pas leurs yeux, tellement c'était inattendu. Au même moment le téléphone de la salle à manger du carré sonna, alors que tout le monde se levait en manifestant sa surprise. C'était naturellement la passerelle. Il était un peu plus de 12h30 et le François avait disparu. Il laissa alors sa place à une impressionnante et large surface de débris de toutes sortes flottants dans la houle sur des centaines de mètres...
Le Commandant ajouta un seul mot lorsque le second prononça la phrase fatidique:
-"Ya plus qu'à aller chercher les gars..."
-"Vite!" C'est sûr, le St-Dominique n'était pas l'Ocean Jasper en 2007... Autre temps autres moeurs.
(les sous-mariniers sont-ils vraiment si méchants ?)
(la bonne conduite des navires)
A Durban, années 1990 le Tamarind ex-Stéphane Vieljeux

Le François Vieljeux était membre d'une série de 8 cargos polyvalents porte-conteneurs de 171 m de longueur pour 24 m de largeur, dont le port en lourd était 15 175 tonnes, tous construits aux Chantiers de La Ciotat au début des années 1970. Ces navires avaient la particularité d'avoir des formes très fines, plus élégantes même que celles des derniers grands voiliers.
Les aménagements de ces très beaux navires étaient pour ainsi dire luxueux, conformément à la Marine Marchande Française de cette époque révolue tels qu'une grande piscine extérieure, une bibliothèque, de la marquèterie, de la moquette, des plantes vertes etc... Sa première touchée en juillet 1973 fut Abidjan et sa carrière fut "sans histoire" jusqu'au 14 Février 1979.
Peu de navires de commerce contemporains ont su attirer les modélistes. Mais le Patrick Vieljeux, 7ème de la série et quelques autres, si!
J'ai rencontré quelques années plus tard un très jeune cuisinier qui était novice cuisine lors de ce triste voyage. Pour son premier embarquement à 17 ans, à peine sorti de l'Ecole d'Apprentissage Maritime, ce n'était pas vraiment la chance. Il fut "ramassé" in extremis par le Saint-Dominique après avoir passé plus de trois heures d'abord dans l'eau froide, trouvé assis dans un fauteuil qu'il avait réussi à coincer et saisir sur la partie haute d'un conteneur flottant...
L'ex-Ville de Marseille membre d'une seconde série un peu différente.

Récupérer tout ce monde fut impossible, seulement 9 furent "attrapés" dans des conditions surréalistes en descendant le long du flanc de la coque du St-Dominique, suspendus à des filets de coupée. Il était en effet impossible à cause de l'état de la mer de mettre une chaloupe à la mer. L'un des sauveteurs décida d'utiliser son casque de moto, "lassé" de se cogner le crâne sans défense contre la muraille d'acier du Saint Dominique. D'autre part la précipitation des gens du St-Dominique qui traversa trop vite la zone des débris, ne leur facilita pas la tâche. Sans rentrer dans les plus tristes détails, tout se passa conformément à la Loi de l'emmerdement maximum sous ses formes les plus terrifiantes.
Imaginez-vous un peu... Perchés là-dessus...

Ce naufrage comme beaucoup d'autres a eu lieu dans des conditions d'extrême brutalité et de soudaineté, alors que les gars n'imaginaient pas une seconde que cela pouvait leur arriver. C'est en effet un peu comme pour les accidents de la route: "Ca n'arrive qu'aux autres". Au milieu de la matinée la très forte gîte en cumul avec le fort roulis dans la houle les inquiétait, mais elle ne faisait pas peur même en s'accentuant peu à peu, sauf peut être le Cdt et le Snd qui ordonnèrent de se tenir "aux postes d'abandon" prêt à évacuer le navire... "Comme à l'exercice du dimanche". Ils avaient certainement compris que c'était très grave, mais peut-être sans l'admettre ou "l'accepter" totalement. Soudain... L'un d'eux déclara plus tard que rien ne peut décrire ce que fut leur surprise d'être ainsi "jetés à la baille".
Trahison! En effet l'état d'esprit normal de tout Marin est
de se sentir en Sûreté à son bord, ce qui n'est pas toujours vrai...

C'est arrivé au retour de l'Afrique de l'Est alors que parti de Monbasa (Kenya), il faisait route vers Rotterdam et venait de passer le détroit de Gibraltar. L'épave git aujourd'hui par 1200 m de fond à 57 milles à l'Ouest de Vigo. D'après les 8 survivants et l'enquête qui a naturellement suivi, le navire était chargé "plein comme un oeuf" durant ce voyage entre la Côte est d'Afrique Noire qui fut marqué par la permanence de conditions météos très dures sur toute la durée du trajet sauf... Le canal de Suez naturellement.
Il transportait (entre autres choses) plus de 5500 t cuivre et 700 t de zinc, matières coûteuses qui donnèrent lieu à une délicate opération de récupération en 2006. Le prix du cuivre étant aujourd'hui "ce que nous savons". Certaines personnes savent avec justesse garder le souvenir des naufrages. La chasse aux trésors ne concerne pas que l'Or.
Le "Geomaster" récupéra le cuivre en 2006.
En effet, un navire câblier peut "tout" faire.

(exemple le Thévenin à la pêche au VCR)

La conception (discutable en effet) des panneaux de cales dont l'étanchéité était connue comme étant "imparfaite" dans le gros temps fut accusée par la suite. Il semble aussi qu'un sournois problème de réservoir(s) d'eau de ballast aurait aggravé l'évènement en déclenchant un mouvement d'eau imprévu "tout vers un bord" au plus mauvais moment. Ceci aurait amené finalement le navire à chavirer, avant même qu'il soit possible au bord de comprendre assez vite ce qui se passait et encore moins, d'y remédier assez vite...
Ces fameux réservoirs conçus pour atténuer le roulis dans la houle lors des périodes à l'ancre pour charger les grumes, n'avaient pas "bonne presse". Avec le recul du temps que penser? La totalité de l'enquête ne fut jamais rendue publique. Comme les accidents d'avions, un naufrage est généralement la triste conséquence d'un cumul de faits plus ou moins importants, qui seuls sont généralement sans grand danger. Le cuivre a probablement "ripé" soudain à la suite d'un "incident" cruel et stupide dont l'origine ne m'est pas connue. Le hasard c'est sûr, mais peut-être aussi un peu d'imprudence...
C’est l’Olympic. De nombreuses photos du Titanic
représentent en réalité son "frère", qui eut une belle
et longue carrière commerciale sans tâche..
.

Mon collègue Officier Radio-électronicien se nommait Chevalier. Il était bien nommé car (on me l'a raconté) il resta "trop" longtemps à son poste lorsque c'est arrivé, comme l'illustre Phillips du Titanic. Le mât radar serait tombé sur lui au moment du début de chavirement, juste après que tous les autres fussent précipités dans l'eau à partir d'une sortie donnant accès au pont des embarcations. Le chef mécanicien aurait pour sa part lui aussi "trop tardé" à la machine pour s'assurer de l'arrêt du moteur principal... Ne les oublions pas.
A la triste liste des victimes de ce naufrage, il convient malheureusement d'ajouter un membre de l'équipage du St-Dominique qui tenta obstinément de porter secours aux gars du François Vieljeux dans ces conditions plus que dangereuses. Celui-là aussi, il ne faut surtout pas l'oublier. Neuf naufragés furent repêchés mais l'un d'eux n'a pas survécu, faute de pouvoir soigner son problème cardiaque à bord.
Le SOS en code Morse a disparu en 1997.

Ils furent hélas "suivis" par 21 autres camarades de bord, dont deux épouses qui faisaient malheureusement ce voyage. Ce fut donc effectivement une triste Saint-Valentin. C'est pourtant normalement un grand privilège pour ne pas dire un beau cadeau pour les épouses de faire le voyage. J'ai moi-même eu le privilège d'emmener ma futur épouse. Mais elle est revenue.
Etre veufs dans ces conditions est absolument terrible, ils sont rentrés en Bretagne sans elles...
Chevalier l'officier radio fit comme son illustre prédécesseur
Phillips, il "s'attarda" à son poste.
Ne les oublions pas.

Le naufrage est peut-être le type d'accident du travail le plus terrible, avec ce qui peut arriver aux mineurs de fond. Marin, comme pour les Mineurs ou les Cheminots, (pour ne citer que ces deux Métiers) ce n'est pas seulement un Métier, c'est une Culture. Tout peut nous arriver, tel est le point commun entre ces deux Cultures de Travail. Ne les oublions pas.

Bien navicalement - Thierry Bressol - R/O
L'Internavis 2 (construit à Rouen en 1978) est aujourd'hui devenu Turc.

Par hasard une forte partie de l'équipage de l'Internavis 2 (aussi en gérance chez "Denis-Frères", avec la "SNO") qui se trouvait embarqué avec moi en Juillet 1979, était à bord du cargo classique St-Dominique en Janvier et Février 1979. L'évènement était donc encore "chaud". Naturellement ils nous en ont parfois parlé...
D'autre part pour avoir moi-même failli faire naufrage, je suis resté particulièrement sensible à l'accident de mer terrible du François Vieljeux, tout simplement:
Le Joola et le Titanic et La "Titanite" galopante
Le naufrage du Pamir, le 21 Septembre 1957

Le Gasikara (ex Ville de Strasbourg) Merci à Yvon Perchoc.

Le naufrage du Maori est évoqué par l'excellent site de Mr Prioux, fils d'un graisseur décédé dans le naufrage. D'autre part n'oublions pas non plus nos cousins Malgaches du GASIKARA, (ex Ville de Strasbourg également de la "série") disparu le 30 janvier 1991 en Océan Indien avec tout son équipage au Sud Ouest de l'Ile Rodrigue, entre Maurice et Diego Garcia, alors qu'il était attendu à la Réunion avec du riz de l'Asie du Sud-Est. Là, c'était le cyclone "Bella"...
GROS TEMPS en MER et phénomènes dangereux
Containers, Twistlock et mauvais temps
Gros temps en mer
Le Chartres blessé par le mauvais temps
Début d’incendie à bord
ANTILOCUST LONDON !

Notes techniques: Je ne suis pas seul à évoquer ce désastre, c'est arrivé en 2007 à bord du site du Cdt en retraite Hervé Cozanet indiqué sur la présente page, je m'en suis naturellement servi pour retrouver "les chiffres" intéressants. Le Naufrage du M/S François Vieljeux fut ensuite l'objet d'une très longue querelle juridique concernant ses causes techniques. D'autre part à ma connaissance, aucun autre navire de cette série ne fut naufragé. Ils connurent en général une longue carrière en Amérique du Sud et en Grèce.
Le Cdt Johanes Diebitsch

Mes témoins des U-Boote l’ont connu. En 1936 il disait aux jeunes élèves juste arrivés à bord du 4 mâts Padua:
-"Soyez toujours vigilants, en mer tout peut arriver..."

Notes sur l'année maritime 1979:
Cette année 1979 fut exceptionnellement douloureuse en matière de naufrages Français, ce qui n'arrivait pourtant pas si souvent. Le traumatisme de l'année 1979 restera présent à l'esprit des navigants Français de l'époque, à commencer par l'avertissement à la vigilance qu'il constitua à l'Ecole de la Marine Marchande.
L'année terrible commença le 8 Janvier avec le supertanker Betelgeuse de Total, un navire construit en 1968, qui explosa au terminal de Bantry Bay (Irlande) durant la fin de son déchargement. (56 morts dont 7 membres du personnel, des épouses et des enfants visiteurs, car comble de malchance c'était le jour de "la relève") La détonnation aurait été entendue jusqu'à 30 km et le terminal pétrolier de Bantry ne fut jamais reconstruit. Le mauvais entretien de la coque fut mis en cause, ce qui nous rappelle un peu l'Erika...
Mémorial à Paimpol de l'explosion du Bételgeuse,
un parmi tant d'autre, pour les victimes d'accidents
industriels stupides et de la négligence.
Se souvenir aussi de la catastrophe AZF Toulouse

L'Emmanuel Delmas le 26 Juin en Méditerranée acheva la triste série de 1979. Tôt le matin dans la brume, "la mer ressemblait à un lac". Cette stupide collision avec le petit pétrolier Italien chargé d'essence automobile VERA-BERLINGIERI fut suivie du très violent incendie du château arrière du navire grumier Delmas. Cet incendie fit 27 morts et seulement 4 rescapés qui avaient sur le coup eu l'instinct juste de "rester en bas". Une nappe de gaz d'essence s'était sournoisement formée autour du château arrière de l'Emmanuel Delmas...
Les Italiens furent sauvés pour avoir eu comme premier réflexe de sauter immédiatement dans l'eau. Ils savaient à quoi s'en tenir et leurs cris ne furent pas compris lorsqu'un gars de l'Emmanuel les a vus...
La fatigue et un malentendu persistant de langues à la radio VHF seraient à l'origine de cette collision et de ses terribles suites. Il est en effet bien connu que les collisions arrivent statistiquement souvent très tôt le matin. C'est d'ailleurs un fait médical humain "analysé" (et utilisé bien sûr) par la médecine militaire et aéronautique...
Dans la série, "ça craint"...

A ce dernier propos, les jeunes marins d'aujourd'hui que Thalassa nous a si parfaitement montrés à la fin 2007, (évoqués ici aussi) peuvent être tentés de se moquer de nous, les marins des années 1970. Ce serait oublier qu'ils ont l'habitude toute naturelle de naviguer avec des gars de plusieurs langues! A l'époque du Président Georges Pompidou, nous "tournions" surtout "entre nous":
C'est donc dire que bien avant la Mondialisation, un navire Italien était totalement Italien comme un navire Français était entièrement et réellement Français, on y parlait surtout la langue de Molière ou le Breton, éventuellement l'Arabe et fort peu l'Anglais!
C'était d'ailleurs presque "inutile" entre nous à l'époque et il se trouvait presque toujours au moins un jeune qui se débrouillait pour intervenir en cas de besoin. Ce fut souvent moi d'ailleurs. La plupart des navires du monde pratiquaient beaucoup plus souvent le "Globish" que l'anglais... Maintenant, on ne saurait se contenter de cette "approximation".
Le Ville de Marseille

Pour l'anecdote, la coque de l'Emmanuel Delmas fut ensuite remorquée jusqu'à Toulon. Son château arrière totalement calciné m'a fait "froid dans le dos" car je l'ai vu. Trop éventré pour pouvoir être remorqué, le Vera-Berlingieri coula le lendemain de la collision.
L'Emmanuel fut racheté par la Cie Grecque Good Challenger Shipping à la suite d'étranges et insolites aventures. Le "bout du nez" de l'Emmanuel avait été plié dans le flanc bâbord du Vera-Berlingieri, mais sa coque et son compartiment machines n'avaient absolument rien subi. Le navire était donc "sain", au-delà du château qu'il fallut reconstruire. Ceci en faisait finalement une "bonne occase" car de toutes façons la SNCDV n'avait pas (du tout) envie de le garder... On se passe fort bien de ce genre de mauvais souvenirs.
D'autre part des rumeurs entendues à son sujet pourraient faire l'objet d'un article complet ici-même, si j'en savais un peu plus. Ainsi réparé, il "renavigua" très normalement de 1980 à 1999 sous les noms successifs de Good Challenger et Nefeli.
D'autre part la "légende maritime" dit aussi que ses équipages se sentaient toujours très mal à son bord, dès qu'ils "savaient". Certains navires sont en effet réputés être hantés, il n'y a donc pas seulement les châteaux Ecossais dans ce cas. Pour ma part, je reste un peu sceptique. Sans doute fallait-il ne rien leur dire, car apprendre que tout le monde a été carbonisé à son bord ne doit pas mettre très à l'aise, même si ce n'est pas très rationnel.
Saint Lys Radio (centre de réception)

Tout était étonnant dans cet horrible accident. Quelqu'un de St-Lys radio m'a raconté ce qui suit il y a environ 15 ans. A "l'instant T" précis quand le pire est arrivé, l'Officier Radio de l'Emmanuel Delmas était en liaison avec eux "à la graphie" en train d'envoyer des radiogrammes pour la Delmas-Vieljeux, tout simplement pour confirmer par écrit les conditions de cette collision supposée "sans gravité pour eux" sur le moment.
Pendant ce temps le Chef Mécanicien (survivant) était "en bas" avec trois hommes (survivants), tandis que les autres prenaient leur petit déjeuner, presque normalement...
La communication en code morse fut soudain interrompue et ne fut pas reprise ensuite. Cela nous arrive parfois mais, ce n'est pas toujours dû à une panne... C'est seulement à midi au journal France Inter qu'ils ont compris. Ceci les a traumatisés, surtout la fille qui était à la graphie "avec" l'Emmanuel. C'est un peu comme le point qui disparait de l'écran du radar. Mais il y a eu encore pire dans cet évènement horrible:
Quand on sait qu'un émetteur d'ondes courtes peut faire (parfois) des étincelles à la sortie extérieure de son antenne, il n'est pas du tout impossible que cet Officier Radio ait lui-même allumé "la torche". On ne pourra jamais le savoir bien sûr...
Ces petites faits successifs peuvent aussi nous faire réfléchir sur la terrible cruauté du hasard.
Pour l'anecdote car l'insolite maritime a naturellement ici toute sa place, le Stéphane Vieljeux a assuré pendant plus d'un an, un service porte-conteneurs entre l'Inde et la COA (Côte Occidentale d'Afrique de l'Ouest) dans le cadre de la Ligne Indiafrica de la principale Cie Indienne en 1978 et 1979 et en association avec la Cie Nigerbras de Lagos (Nigeria). Le Stéphane Vieljeux fut de ce fait et pour la circonstance, rebaptisé TAJ pour retrouver (naturellement) son nom l'année suivante à la fin du contrat.
Le navire embarqua alors un équipage à majorité Indienne, (malgré le pavillon Français) mais en conservant quelques officiers Français de la SNCDV. "Naturellement" à une époque où les marins Français naviguaient généralement "entre eux", leurs conditions de vie et de travail à son bord comme toutes les "petites habitudes" furent "bousculées"...
La rencontre des deux cultures maritimes "à la Britannique" et à la Française fut sans doute parfois délicate à gérer. Voyez ce petit témoignage directement "tiré" du site du Cdt Cozanet:
-"En 1981 et 1982, j'étais élève officier chez Delmas et je me souviens de quelques anecdotes concernant la nourriture, le chef-cuisto étant Indien, ainsi que de la frustration de l'officier électricien Indien donc de formation Britannique, qui n'avait plus avec les Français, le "privilège" de faire partie de "l'état-major" sous notre pavillon. Le pauvre ne mangeait plus au carré des officiers. Roland."
(Note "perso": On aurait tout de même pu mieux l'accueillir à bord...)
L'école "Hydro" du Havre est à Sainte-Adresse

Je confirme avoir aussi entendu ces histoires insolites, le Taj fit même la première page de "l'Hebdo" le Marin lors de l'ouverture de la Ligne.
Question: En ce mois de février 2009, c'est le 30ème anniversaire de la Révolution Iranienne. Ceci me rappelle naturellement un souvenir un peu nébuleux des années 1970, qui mérite aussi un éclaircissement. J'aime bien les sujets maritimes insolites on l'aura remarqué et celui-ci est est un très beau:
- Qui a des informations sur le navire gazier Iranien "Razi"? Ce navire avait en effet la particularité, d'avoir à son bord un équipage et des officiers partiellement Français. C'était avant la chute du Shah et la nouvelle direction de la Cie Persian Line (encore un nom à vérifier) n'a pas reconduit ce business, suite à la brouille diplomatique entre la France et le nouveau régime. Voilà tout ce que je sais ou me souviens.
- Les marins concernés ne sont pas nombreux, mais avec un peu de chance... Comme pour le TAJ, Si l'un(e) de vous peut me contacter (thierry.bressol286@orange.fr) pour nous en dire plus, ce serait très extrêmement intéressant.

Bien navicalement - Thierry Bressol - R/O

Symbole de l’accueil du site

Merci à la Liste de Diffusion du site du Cdt Cozanet, à Roland Grard et aux autres sites:
L'excellentissime site consacré au Maori de Mr Prioux est à voir.
(on y trouve même le récit de Jean-Yves Duclaud le survivant)
Modèle du M/S Patrick Vieljeux par Michel F6IPS

Si le Gasikara n'a pas encore de site cité ici, c'est faute de temps ce 17 Février pour le chercher, mais je suppose qu'il en existe. D'autre part il manquait ici quelque chose, un accès au site de Philippe Ramona, consacré à l’histoire des Messageries Maritimes.